Vos données sont hébergées en Suisse. Mais savez-vous réellement qui peut y accéder, qui les contrôle et ce qui se passerait si vous deviez changer de fournisseur ?

Factures, fichiers clients, contrats, e-mails, données RH, outils collaboratifs… Chaque jour, votre entreprise génère et utilise des informations essentielles à son activité. Pourtant, leur localisation, leur gestion et les conditions d’accès restent parfois méconnues.

À l’heure où le cloud, les logiciels SaaS et l’intelligence artificielle occupent une place centrale dans les entreprises, la souveraineté des données devient un véritable enjeu stratégique. Mais que signifie concrètement cette notion ? Pourquoi concerne-t-elle aussi les PME, les fondations et les collectivités ? Et surtout, comment agir sans renoncer aux avantages du numérique ?

AVA6 Genève vous aide à comprendre l’essentiel et à identifier les bonnes pratiques pour mieux maîtriser vos données.

1. La souveraineté des données, c’est quoi exactement ?

Pour faire simple, la souveraineté des données, c’est la capacité de votre entreprise à garder le contrôle sur ses informations numériques.

Cela signifie savoir où elles sont stockées, sous quelles lois elles sont susceptibles de tomber, qui peut y accéder et dans quelles conditions elles sont utilisées, transférées ou supprimées.

Imaginez que vous confiez les clés de vos bureaux à un prestataire. Vous devez savoir où il conserve les doubles, qui peut entrer et quelles règles encadrent les accès. Pour vos données, le principe est similaire, mais les clés sont numériques et les accès parfois beaucoup moins visibles.

La souveraineté repose notamment sur quatre questions :

  • Où ? Dans quel pays vos données sont-elles hébergées et traitées ?
  • Qui ? Qui exploite le service et qui peut techniquement accéder aux informations ?
  • Sous quelles règles ? Quels cadres juridiques s’appliquent au fournisseur et aux données ?
  • Avec quelle liberté ? Pouvez-vous récupérer vos données, changer de prestataire et maintenir votre activité en cas de problème ?

L’objectif n’est pas nécessairement de tout conserver en interne ni de se passer des technologies internationales. Il s’agit avant tout de comprendre vos dépendances et de conserver une capacité réelle de décision.

2. Héberger ses données en Suisse suffit-il à être souverain ?

C’est l’une des idées reçues les plus fréquentes : si les données sont stockées en Suisse, elles sont forcément souveraines.

En réalité, la localisation des données n’est qu’une partie de la réponse.

 

Prenons un exemple : votre entreprise utilise un service cloud dont les serveurs sont situés en Suisse. C’est un élément favorable, notamment pour maîtriser la localisation du stockage. Mais il reste plusieurs points à vérifier : où se trouve le fournisseur, quelle entité juridique exploite le service, qui administre l’infrastructure, quelles personnes peuvent accéder aux données et quels sous-traitants interviennent.

Un prestataire établi à l’étranger peut être soumis à des obligations légales étrangères, selon sa situation et les circonstances. Inversement, le recours à un fournisseur international ne signifie pas automatiquement que vos données sont exposées ou que votre utilisation du service est non conforme.

Ce qui compte, c’est d’évaluer l’ensemble de la chaîne : hébergement, exploitation, accès, contrats, sécurité et possibilités de sortie.

À retenir : un hébergement en Suisse peut contribuer à la souveraineté des données, mais ne la garantit pas à lui seul.

3. Les 5 piliers de la souveraineté des données

La souveraineté des données repose sur cinq piliers complémentaires, qui permettent à une entreprise de garder le contrôle de ses informations et de ses choix technologiques.

1. Les données : connaître leur localisation, leur stockage et les mesures mises en place pour les protéger et les sauvegarder.

2. Le droit : comprendre les lois applicables, les obligations des fournisseurs et les conditions d’accès aux données.

3. La technologie : privilégier des outils évolutifs et interopérables pour limiter la dépendance à un fournisseur.

4. Les opérations : maîtriser les accès, l’administration des systèmes, la sécurité et la continuité des services.

5. La réversibilité : pouvoir récupérer ses données et changer de solution sans contraintes excessives de coûts ou de délais.

Ces cinq piliers poursuivent un même objectif : ne pas seulement héberger ses données, mais conserver la capacité de les protéger, de les gérer et de décider librement de leur avenir.

4. Pourquoi la souveraineté numérique est-elle cruciale pour votre entreprise ?

La souveraineté numérique n’est pas seulement une question technique : elle touche directement à la sécurité, à l’autonomie et à la pérennité de votre entreprise.

  • Protéger vos données sensibles : limiter les risques d’accès non autorisé et mieux maîtriser les informations stratégiques de votre organisation.
  • Anticiper les enjeux juridiques : comprendre les lois applicables à vos données et les obligations de vos fournisseurs, notamment lorsque des acteurs étrangers interviennent.
  • Réduire la dépendance technologique : conserver la liberté de faire évoluer vos outils et de changer de prestataire sans contraintes excessives.
  • Assurer la continuité de votre activité : anticiper les pannes, les changements de conditions contractuelles ou l’indisponibilité d’un service.
  • Garder la maîtrise de ses décisions : choisir des solutions numériques en fonction de ses besoins, de ses priorités et de son niveau de contrôle souhaité.

À mesure que les entreprises multiplient les outils cloud, les logiciels SaaS et les solutions d’intelligence artificielle, leurs dépendances numériques se complexifient. La souveraineté permet de les identifier et de mieux les maîtriser.

L’enjeu n’est pas de renoncer aux technologies numériques, mais de pouvoir les utiliser sans perdre sa capacité de décision.

Faites le point sur votre souveraineté numérique

AVA6 Genève vous accompagne dans l’évaluation de vos dépendances numériques et l’identification de solutions adaptées pour reprendre le contrôle de vos données.

. Cloud, SaaS, intelligence artificielle : où sont vos données ?

Les données de votre entreprise ne se trouvent pas uniquement sur vos serveurs ou dans votre espace de stockage.

Elles circulent entre différents outils, parfois sans que vous en ayez pleinement conscience.

  • Le cloud : vos fichiers, applications ou bases de données sont hébergés sur une infrastructure distante.
  • Les logiciels SaaS : votre CRM, votre messagerie ou votre outil de gestion traite des données via une plateforme accessible en ligne.
  • Les outils collaboratifs : vos documents partagés, conversations et réunions peuvent être stockés ou traités par plusieurs services.
  • L’intelligence artificielle : les informations saisies dans un outil d’IA peuvent être transmises à son fournisseur pour être traitées. Les conditions de conservation et de réutilisation dépendent notamment du service et de sa configuration.

Le défi ne consiste donc pas uniquement à savoir où se trouve un serveur. Il faut comprendre quelles données sont transmises, à quels services, dans quel but et avec quelles garanties.

Une entreprise peut, par exemple, disposer d’un stockage en Suisse tout en utilisant des outils collaboratifs, une solution CRM et un assistant IA qui impliquent d’autres fournisseurs ou traitements. Sa vision de la souveraineté doit tenir compte de cet ensemble.

6. Souveraineté et protection des données : quelle différence ?

Ces deux notions sont étroitement liées, mais elles ne désignent pas exactement la même chose.

La protection des données vise notamment à garantir que les données personnelles sont traitées conformément aux règles applicables et protégées contre les accès ou utilisations non autorisés.

La souveraineté des données va plus loin en s’intéressant également à la capacité de contrôle, à l’autonomie et à la dépendance envers les fournisseurs et les technologies.

En Suisse, la Loi fédérale sur la protection des données (LPD) encadre le traitement des données personnelles. Elle prévoit également des conditions applicables à leur communication à l’étranger. Le recours à un prestataire externe ne dispense pas l’entreprise de ses responsabilités en matière de protection des données.

Une solution peut donc respecter les exigences applicables en matière de protection des données sans offrir le niveau d’autonomie ou de contrôle recherché par une organisation.

À l’inverse, choisir un hébergement local ne suffit pas à garantir la conformité : la gestion des accès, les mesures de sécurité, les contrats et les traitements réalisés restent essentiels.

7. La feuille de route pour réussir sa souveraineté numérique

Bonne nouvelle : reprendre le contrôle ne signifie pas devoir remplacer tous ses outils ou reconstruire son infrastructure. La première étape consiste à comprendre votre situation actuelle, puis à agir sur les risques les plus importants.

Étape 1 : cartographier vos données et vos outils

Commencez par recenser vos principaux outils : messagerie, CRM, ERP, stockage documentaire, sauvegardes, solutions cloud et applications d’IA.

Pour chacun, identifiez les types de données traitées, leur localisation, le fournisseur concerné et les éventuels sous-traitants. Cette vue d’ensemble permet de repérer les zones d’incertitude et les dépendances majeures.

Étape 2 : vérifier les accès et les garanties contractuelles

Examinez les conditions d’accès aux données, les droits d’administration, les engagements de sécurité et les modalités de transfert vers d’autres pays.

Vérifiez également les conditions de récupération, de suppression et de restitution des données en cas de résiliation du contrat.

L’objectif est de savoir qui intervient sur vos informations et quelles garanties encadrent leur traitement.

Étape 3 : renforcer la sécurité et la résilience

La souveraineté ne remplace pas la cybersécurité : les deux sont complémentaires.

Mettez en place une gestion rigoureuse des droits d’accès, l’authentification multifacteur lorsque cela est pertinent, des sauvegardes adaptées et des procédures de restauration régulièrement testées.

Ces mesures contribuent à protéger vos données et à maintenir votre capacité d’action en cas d’incident.

Étape 4 : évaluer les alternatives et limiter les dépendances

Pour les données les plus sensibles ou les services les plus critiques, étudiez les alternatives disponibles : hébergement suisse, cloud privé, infrastructure sur site ou solutions offrant davantage de contrôle sur les accès et l’exploitation.

La bonne approche dépend de vos contraintes de sécurité, de vos obligations, de vos ressources et de vos besoins métiers.

Il n’est pas toujours nécessaire de changer de solution. Parfois, une meilleure configuration, des garanties contractuelles plus claires ou un plan de sortie bien défini suffisent à réduire une partie des risques.

Étape 5 : définir une stratégie adaptée à votre entreprise

Toutes les données n’ont pas le même niveau de sensibilité et tous les services n’ont pas la même importance.

Définissez vos priorités en fonction des informations traitées, de leurs conséquences en cas de perte de contrôle et de l’impact potentiel sur votre activité. Vous pourrez ainsi concentrer vos efforts et vos investissements là où ils sont les plus utiles.

8. Le cloud suisse : une piste pour reprendre le contrôle

Pour les entreprises qui souhaitent mieux maîtriser la localisation et la gestion de leurs données, les solutions cloud suisses peuvent représenter une option intéressante.

Elles peuvent notamment permettre de bénéficier d’une infrastructure hébergée en Suisse, tout en profitant de services adaptés aux besoins des organisations.

Mais là encore, le choix ne doit pas reposer uniquement sur la localisation. Il est important d’examiner le modèle d’exploitation, les accès techniques, les garanties contractuelles, la sécurité et les possibilités de migration.

Chez AVA6 Genève, nous accompagnons les entreprises dans leurs réflexions autour de leur infrastructure IT et de leurs solutions cloud. Selon les besoins, différentes approches peuvent être étudiées, notamment les solutions proposées par Infomaniak, acteur suisse du cloud.

L’enjeu est de trouver le bon équilibre entre maîtrise des données, sécurité, performance, coûts et simplicité d’utilisation, sans perdre de vue les besoins opérationnels de votre entreprise.

Prêt à reprendre le contrôle de vos données ?

Faites le point sur votre environnement numérique avec un expert AVA6 Genève. Nous vous aidons à identifier vos priorités à définir et à mettre en place une stratégie de souveraineté adaptée aux enjeux de votre entreprise.

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